Le moulin Eureka Mignon Libra 65 All Purpose associe pour la première fois chez Eureka une balance intégrée (« Grind-by-Weight ») à des meules plates de 65 mm — un concept captivant pour les baristas à domicile. Il promet un dosage d'une précision constante sur simple pression d'un bouton et ambitionne de maîtriser aussi bien l'espresso que le café filtre. Nous avons testé ce moulin de manière intensive pendant plusieurs semaines dans notre quotidien : dans notre cuisine, à notre école du café ainsi qu'en laboratoire. Nos analyses ont porté sur la finition, le design, la rétention (espace mort), la qualité de la mouture en tasse, sans oublier la prise en main et ses fonctionnalités spécifiques. À l'issue de cet article, vous saurez si le Libra 65 All Purpose est le moulin idéal pour votre intérieur.
Design
L'Eureka Mignon Libra 65 All Purpose se présente sous le célèbre design Mignon compact : un cube aux lignes nettes d'environ 39 cm de haut, 12,4 cm de large et 19,2 cm de profondeur. C'est sa balance intégrée en façade qui le distingue des nombreux autres moulins de la gamme Eureka Mignon.
Sous la goulotte d'éjection se trouve une plateforme robuste, ou fourche, sur laquelle viennent se loger le porte-filtre ou le gobelet doseur en métal fourni. Notre modèle de test en rouge Ferrari affichait une élégance sobre ; Eureka le décline également en blanc, gris, noir ainsi qu'en teintes spéciales (chrome, bleu foncé). L'écran tactile épuré en façade affiche la quantité cible en grammes et s'intègre harmonieusement dans l'ensemble. Dans l'ensemble, le Libra reste un Mignon, ou tout simplement un Eureka, à l'image des innombrables versions du fabricant : reconnaissable entre mille, un rien classique, mais immédiatement identifiable. Si l'on ne le sait pas, le module de pesée passe presque inaperçu.
Finition et qualité de fabrication
La qualité de fabrication du Libra 65 All Purpose séduit dès la prise en main. Le boîtier se compose en grande partie de métal (aluminium moulé sous pression) et procure une sensation de robustesse et de standing. L'assemblage est soigné, sans le moindre jeu ni cliquetis. Avec un poids de 6,5 kg, l'appareil bénéficie d'une excellente stabilité sur le plan de travail — un critère essentiel pour éviter tout glissement pendant le broyage.
La trémie à grains accueille environ 350 g et s'emboîte fermement dans son logement. On remarque d'emblée la nouvelle grande molette de réglage de mouture sur le dessus : conçue en aluminium, elle offre une excellente prise en main et tourne avec une grande fluidité. Eureka réalise ici un bond en avant appréciable : les anciens modèles Mignon disposaient d'une molette minuscule et peu pratique qui agaçaient bon nombre d'utilisateurs. Nous disposons désormais d'une molette grand format dotée d'une graduation claire qui compte même les tours effectués. Cette solution brevetée permet d'ajuster la finesse avec une grande précision et de revenir ensuite exactement au point de départ — une configuration idéale pour basculer d'une méthode de préparation à une autre sans perdre ses repères. Dans l'ensemble, la conception du Libra 65 laisse une impression haut de gamme, parfaitement en phase avec ce que l'on est en droit d'attendre dans cette gamme de prix (~700 à 800 € selon la finition).
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Rétention (espace mort)
Sur le plan de la rétention, le Libra 65 All Purpose marque des points grâce à des optimisations nettes par rapport à son prédécesseur. Eureka a réduit le volume de la chambre de broyage et fixé la meule supérieure par l'arrière de manière aveugle : il n'y a donc plus de têtes de vis apparentes dans la zone de mouture où la poudre de café pourrait stagner. Lors de nos tests, nous avons relevé une rétention totale d'environ 2,1 g, dont près de 1,5 g est temporaire. Temporaire signifie qu'à chaque cycle, environ 1,5 g de café de la mouture précédente est remplacé par du café frais, tandis que le reste (env. 0,5 à 0,6 g) forme la rétention permanente logée dans les recoins. Cette valeur s'avère remarquable pour un moulin à trémie. À titre de comparaison, de nombreux moulins à espresso traditionnels affichent 3 g ou davantage. Grâce à cette conception intelligente, Eureka parvient à abaisser le niveau de rétention sous celui de la version précédente, malgré des meules plus imposantes : une évolution réjouissante.
Il ne faut toutefois pas oublier qu'un moulin équipé d'une balance fonctionne toujours avec une chambre de broyage alimentée en continu. Si vous ne préparez qu'un seul espresso par jour, votre première galette du lendemain contiendra inévitablement une petite part de café moulu de la veille (les fameux ~0,6 g). En pratique, cette nuance reste imperceptible pour la plupart des palais, même si les nez les plus affûtés pourront y déceler une infime perte de fraîcheur. Celles et ceux qui recherchent une fraîcheur absolue grain par grain s'orienteront plutôt vers un moulin dose unique (single-dosing). Pour un usage domestique standard, la rétention du Libra ne pose aucun problème ; au quotidien, les efforts apportés par Eureka sur ce point sont particulièrement appréciables.

Qualité de la mouture
Le verdict final se joue dans la tasse — et sur ce terrain, le Libra 65 nous a agréablement surpris. Ses nouvelles meules plates de 65 mm sont pensées pour un profil « All Purpose » (polyvalent). Elles associent un pic principal particulièrement étroit (142 µm !) à une proportion modérée de particules très fines de l'ordre de 27 à 28 %. Ce pic principal resserré apporte une belle limpidité et une grande complexité aromatique, tandis que les fines demeurent indispensables en espresso pour créer la résistance hydraulique nécessaire dans le porte-filtre.
Notre ambition : obtenir un espresso doté d'un corps flatteur tout comme des cafés filtres aux arômes nets, sans sur-extraction due aux poussières fines. Dans les faits, ce grand écart est très bien négocié. Comme souvent, les subtilités se cachent dans les détails et restent tributaires du choix du café.
Pour en savoir plus sur l'impact de la distribution granulométrique et la signification des courbes présentées ci-dessus, consultez notre guide sur la granulométrie du café.
Espresso
Au cours de nos dégustations à l'aveugle, nous avons obtenu des espressos remarquables. Le comportement à l'extraction diffère néanmoins des meules traditionnelles pour espresso, caractérisées par un taux de fines plus élevé et un pic principal plus étalé. En raison de cette proportion réduite de très fines particules, il est nécessaire de régler la mouture de façon particulièrement fine. Même si la valeur x50 ne descend pas de manière spectaculaire sur les graphiques, l'écoulement se comporte comme avec des meules dotées d'un x50 très bas.
Il faut ainsi compter 10 à 12 secondes avant de voir perler les premières gouttes sous le porte-filtre. Le débit s'accélère ensuite rapidement, maintenant un temps d'extraction global court. Certains de nos espressos ont coulé en seulement 12 à 16 secondes, tout en offrant d'excellents résultats gustatifs.
Ce profil d'écoulement impose une préparation de la galette (puck prep) parfaitement homogène et méticuleuse. L'exercice se révèle plus facile avec des torréfactions moyennes à foncées. Nous avons obtenu des tasses intenses, sucrées, charnues, tout en préservant une belle lisibilité aromatique. Avec des torréfactions claires, le moulin a révélé une complexité étonnante, accompagnée d'un corps et d'une texture de crema légèrement plus légers.
Autre preuve de sa régularité : après la phase d'ajustement initiale, nous avons pu basculer sur d'autres réglages et revenir exactement à la même graduation en retrouvant des résultats parfaitement reproductibles. La courbe granulométrique n'affichait qu'une variation minime sur le pic principal lors des changements de mouture — un écart d'à peine ~6 µm ! Cela démontre la précision du mécanisme et la stabilité du bloc de broyage.
Café filtre
Le Libra 65 maîtrise également les moutures plus grossières avec bien plus d'aisance que la majorité des moulins à espresso traditionnels. Nous avons extrait plusieurs cafés filtres au cours du test. Au-delà de notre incontournable Amigo, la qualité d'un moulin se révèle à mes yeux lors de la préparation de l'Ichamama — le cru qui m'a valu le titre de champion suisse de café filtre en 2014 et que nous proposons chaque année au catalogue.
Passer à une granulométrie adaptée au filtre demande un ajustement franc — un peu moins de deux tours complets de molette —, mais s'opère sans la moindre résistance. Après chaque changement de calibre, nous conseillons de purger quelques grammes pour vider la rétention et caler le moulin sur la nouvelle mouture.
Le café filtre obtenu nous a étonnés par sa netteté en bouche et sa douceur suave. Ces meules All Purpose nous ont offert l'un des meilleurs cafés filtres préparés à ce jour à partir d'un « moulin orienté espresso ». Nous en boirions avec grand plaisir au quotidien.
Un moulin véritablement « All Purpose » (polyvalent) ?
Notre protocole a toutefois souligné les limites inhérentes à ce positionnement tout-en-un : le Libra 65 sait moudre pour l'espresso comme pour le filtre, mais pas en alternance d'une minute à l'autre. Une fois vos réglages calés pour l'espresso, préparer un filtre à l'improviste impose de tourner amplement la molette, de sacrifier quelques grammes de café et de refaire la tare de la balance. Ces allers-retours continus deviennent vite fastidieux au quotidien.
L'appellation All Purpose ne doit donc pas être comprise comme une invitation à passer instantanément d'une recette à l'autre. L'appareil sait traiter l'espresso comme le filtre, mais il est plus logique de lui assigner une méthode principale au quotidien et de ne recourir à l'autre que ponctuellement. Pour alterner fréquemment entre les deux méthodes, un moulin single-dosing — éventuellement doté de meules polyvalentes — reste un choix bien plus adapté.

Prise en main et ergonomie
À l'usage, le Libra 65 s'avère particulièrement agréable, même s'il conserve quelques particularités. Commençons par les aspects positifs : l'écran tactile réagit au quart de tour et de façon intuitive. On bascule facilement entre deux doses programmables (par ex. simple et double) ou le mode manuel. L'affichage de la cible au dixième de gramme près est parfaitement lisible. Avantage majeur : modifier la finesse de la mouture n'altère pas la masse distribuée — la balance adapte automatiquement son fonctionnement pour délivrer le poids demandé. Pour quiconque débute dans l'univers de l'espresso, c'est un atout précieux : vous pouvez ajuster la mouture à votre guise, le porte-filtre recevra invariablement vos 18,0 g. Sur un moulin temporisé classique, chaque modification de taille de mouture oblige à recalculer le temps ou à peser manuellement : moudre plus gros donne plus de café, moudre plus fin en donne moins. Le Libra vous libère de cette contrainte, ce qui rend l'expérimentation bien plus ludique.
La nouvelle molette de réglage participe largement à ce confort. Grâce à son large diamètre et à son compteur de tours intégré, les réglages se font avec un doigté d'orfèvre. Pendant nos essais, nous avons par exemple basculé sur une mouture grossière pour filtre après avoir extrait un espresso, avant de revenir précisément sur la marque initiale : les tasses suivantes étaient quasiment superposables aux premières. Cette reproductibilité force le respect. Avec de nombreux moulins, quitter la zone idéale d'extraction (« sweet spot ») demande une bonne dose d'audace de peur de ne plus jamais la retrouver ; avec le Libra 65, ce tracas disparaît.
Précision du dosage
Nous avons évidemment passé au crible la précision de la balance intégrée. Notre constat : une fois l'étalonnage correctement effectué, la pesée est remarquablement fiable. Sur un grand nombre de cycles, la quantité délivrée oscillait à ±0,1 g de la consigne, tombant fréquemment au dixième de gramme exact. Cette justesse demande toutefois une brève mise en route selon les situations : nous avons constaté que le système prend 2 à 3 moutures pour « apprendre » un nouveau café. Les premiers jets avec un grain différent affichaient un décalage d'environ 0,5 g (par ex. 17,5 g pour 18 g demandés). Après quelques doses, l'algorithme d'Eureka affine la compensation de chute et verrouille la cible avec constance. Attention : démarrer chaque jour avec une trémie vide pour n'y jeter qu'une dose pré-pesée (façon single dosing) nuit au bon fonctionnement de la balance. Le Libra a été pensé pour opérer avec une trémie garnie en continu — condition nécessaire pour que son système prédictif ajuste l'arrêt avec exactitude. En utilisation normale (un même café dans la trémie sur plusieurs jours), nous n'avons rencontré aucun accroc et avons pu nous fier aveuglément au grammage programmé.
Quelques réserves méritent toutefois d'être formulées : il est arrivé ponctuellement que la balance affiche un message d'erreur (« FH » clignotant à l'écran), bloquant le déclenchement du moulin. Ce phénomène survient surtout lorsque le porte-filtre reste posé trop longtemps sur la fourche avant l'appui sur le bouton de démarrage — sans doute un souci de temporisation de la tare. Le remède est élémentaire mais casse le rythme : retirer le porte-filtre, patienter quelques secondes et le réenclencher pour relancer le système. Bien que rare, ce comportement s'est produit assez souvent pour être relevé. Eureka gagnerait à corriger ce comportement via une mise à jour logicielle. En dehors de cette petite susceptibilité, le bilan ergonomique demeure très favorable : une fois la routine assimilée, on apprécie grandement le geste simple d'enclencher le porte-filtre et de lancer la mouture sans autre manipulation.
Un mot sur l'entretien : le nettoyage classique avec des granulés de nettoyage s'effectue sans difficulté. C'est l'entretien courant que nous recommandons en priorité. Selon l'intensité d'utilisation, tout moulin gagne aussi à être ouvert périodiquement jusqu'aux meules. C'est tout à fait possible sur le Libra, mais cela implique de démonter la molette de réglage. L'opération peut se faire sans perdre son réglage de mouture, mais nécessite de revisser dans un support plastique. Nous doutons que ces filetages apprécient les démontages trop répétés sur le long terme. Nous préconisons plutôt de déposer la molette sans forcer sur les pièces plastiques, ce qui nous conduit à attribuer une note « moyenne » sur la facilité de démontage complet.
Spécificités et points forts
Le moulin Eureka Libra 65 All Purpose se distingue de la concurrence par plusieurs atouts spécifiques. Le premier reste bien entendu sa balance intégrée. La technologie Grind-by-Weight demeure rare sur le segment domestique — seuls quelques appareils comme le Baratza Sette 270Wi, le Zuriga G2 GbW ou le Ligre Siji proposent un dosage pondéral automatique. L'intégration signée Eureka se révèle très aboutie dès lors que l'on respecte les bonnes pratiques (étalonnage, trémie remplie). Les baristas débutants y trouveront un allié précieux : le risque d'erreur de dosage est éliminé, ce qui permet de se concentrer exclusivement sur la finesse de mouture. Les utilisateurs aguerris apprécieront tout autant ce gain de temps au quotidien. Par rapport aux modèles à minuterie, le confort est incomparable, notamment lorsque l'on modifie sa taille de mouture : le moulin compense lui-même la variation de débit pour distribuer exactement la quantité souhaitée.
L'autre particularité majeure réside dans ses meules All Purpose. Eureka met en avant la possibilité de couvrir l'ensemble des méthodes d'extraction avec une unique machine. Nos mesures confirment que ces meules plates de 65 mm (que l'on peut qualifier de « High-Uniformity ») fournissent d'excellents résultats en espresso comme en filtre grossier. Toutefois, comme mentionné plus haut, « All Purpose » renvoie ici à la polyvalence intrinsèque du profil de coupe des meules plutôt qu'à une invitation à alterner les préparations à la chaîne. Leur signature tient à une réduction sensible de la proportion de poussières fines, offrant des tasses douces et limpides : un espresso avec un peu moins de texture lourde qu'avec les meules coniques d'un Niche Zero par exemple, mais bien plus net ; et un filtre très propre, à peine moins complexe qu'avec des meules résolument spécifiques au filtre (type meules SSP Unimodal). Le rendement obtenu par Eureka à partir de meules en acier conventionnelles est impressionnant. Les utilisateurs les plus exigeants pourront au besoin adopter les meules avec revêtement « Black Diamond » vendues en option. Dotées d'une géométrie identique, elles visent principalement une longévité accrue sans modifier le goût ni la granulométrie. Cette mise à niveau s'adresse donc avant tout à un usage quasi-professionnel à fort débit ; pour un barista à la maison, les meules d'origine suffisent amplement.
Soulignons enfin les finitions enrichies par rapport au modèle Eureka Libra 55 : le constructeur a tenu compte des retours d'expérience. La machine est désormais livrée avec un entonnoir doseur magnétique s'adaptant parfaitement aux porte-filtres de 58 mm. Sur la première génération, le café avait tendance à déborder sans cet accessoire. Ce nouveau Libra 65 distribue la mouture de manière bien plus propre : avec des torréfactions claires à moyennes, on peut même moudre sans entonnoir quasiment sans projections. L'électricité statique est bien mieux canalisée, la poudre tombant de manière centrée dans le panier. L'entonnoir reste surtout utile avec des grains très foncés, huileux ou riches en Robusta. Ajoutez à cela la grande molette graduée, et ce Libra 65 s'affirme comme un ensemble plus mature et cohérent que son aîné grâce à la somme de ces détails repensés (meules agrandies, rétention abaissée, microprogramme optimisé, accessoires fournis).
Bilan et verdict
L'Eureka Mignon Libra 65 All Purpose s'est révélé convaincant lors de notre test grâce à son équilibre entre polyvalence et constance. Il réunit une pesée rigoureuse et une belle finesse de mouture dans un format ramassé taillé pour la cuisine. Il constitue une solution séduisante pour tout amateur de café en quête d'un matériel fiable au quotidien.
Il facilite particulièrement la vie des néophytes : la balance supprime une grande part d'incertitude lors des réglages de l'espresso, la masse restant toujours exacte. Les profils confirmés apprécieront de ranger leur balance au placard pour la phase de mouture. En espresso, le Libra 65 ne montre aucune faiblesse et aligne des extractions délicieuses et régulières. En filtre, il se montre très convaincant dès lors que l'on accepte de purger quelques grammes lors du changement de finesse. On dispose ainsi de deux compétences sous le même capot, à envisager de préférence de façon alternée plutôt qu'instantanée. Tout n'est évidemment pas parfait : la balance réclame une petite période d'adaptation lors des changements de grains — les permutations spontanées entre espresso et filtre exigent donc quelques tasses pour retrouver un calage parfait.

La balance demande également de respecter son rythme de travail (conserver des grains dans la trémie, ne pas manipuler le porte-filtre inutilement) sous peine de voir apparaître un code d'erreur passager ou un léger écart de poids. Ces points restent mineurs dès lors que l'on a apprivoisé la machine. Le débit de broyage tourne autour de 1 g par seconde, ce qui s'avère modéré mais suffisant à domicile. Cette vitesse mesurée présente l'avantage de ne pas faire chauffer la mouture : après cinq extractions successives, la poudre est restée tiède (~28 à 34 °C max.), préservant l'intégrité des arômes.
Le volume sonore se situe dans la moyenne haute de la catégorie, notre sonomètre affichant 84,2 dB. Les points forts majeurs de l'Eureka Libra 65 All Purpose sont indiscutablement son système de dosage au poids, son niveau de fabrication soigné et ses meules véritablement polyvalentes. Ses faiblesses découlent directement de son concept : fonctionnant à la trémie, il n'est pas taillé pour changer de grains à chaque tasse, et son électronique de pesée peut ponctuellement se montrer tatillonne.
Affiché aux alentours de 750 €, le Libra se place dans le segment supérieur des moulins domestiques. Eu égard à son équipement — meules professionnelles de 65 mm, balance de précision intégrée, robustesse signée Eureka —, son rapport qualité-prix apparaît très équilibré. Il offre une technologie jadis inaccessible à ce tarif pour des préparations précises et pérennes.
À qui s'adresse ce moulin ? Il convient parfaitement aux amateurs exigeants qui préparent essentiellement de l'espresso tout en souhaitant déguster d'excellents cafés filtres de temps à autre, le tout avec un maximum d'ergonomie. En revanche, si vous changez de paquet de café ou de méthode d'extraction à chaque préparation, un moulin dose unique (single-dosing) ou deux moulins séparés demeurent plus pertinents. Mais pour un foyer utilisant régulièrement son café favori en quête d'une régularité sans faille, le Libra 65 tape dans le mille.
Il concilie les qualités historiques d'Eureka (compacité, finition métal, rigueur en espresso) avec une électronique de pesée moderne et une réelle capacité tous usages. Nous lui accordons une recommandation enthousiaste : l'Eureka Mignon Libra 65 All Purpose constitue une évolution très réussie qui enrichit le marché des baristas maison d'un équipement complet et valorisant. Associé à une bonne machine à levier ou semi-automatique, il saura vous régaler jour après jour. Santé à votre café, mesuré au gramme près !
Pour le situer face aux autres modèles à pesée intégrée du marché, consultez notre comparatif des moulins Grind-by-Weight.
















